Sal et Boa Vista
Deux îles plates et arides face au Sahara : plages immenses, vents portants pour le kitesurf et plages de ponte des tortues caouannes de juillet à octobre.
Sal et Boa Vista forment le groupe oriental de l'archipel, deux îles posées face à la côte mauritanienne, à 600 km du continent africain. Géologiquement, elles comptent parmi les plus anciennes du Cap-Vert : l'érosion a aplani les reliefs volcaniques, ne laissant que des plateaux désertiques, des salines et de longues plages de sable clair. L'altitude maximale de Sal culmine à 406 mètres au Monte Grande, celle de Boa Vista à 387 mètres au Monte Estância. Le contraste est total avec les îles montagneuses de Santo Antão ou Fogo.
Sur Sal, la vie se concentre sur deux pôles. Espargos, au centre, abrite l'aéroport international Amílcar Cabral, principale porte d'entrée du pays. Santa Maria, à la pointe sud, s'est développée autour d'une bande de sable de 8 kilomètres et concentre aujourd'hui hôtels, écoles de kitesurf et bateaux de pêche colorés. Plus au nord, Pedra de Lume occupe le cratère d'un ancien volcan dont le fond, sous le niveau de la mer, s'est rempli d'eau salée : on y flotte comme dans la mer Morte. La saline a été exploitée commercialement jusque dans les années 1980.
Boa Vista, à une trentaine de minutes de vol de Sal, garde un visage plus rural. Sa capitale, Sal Rei, compte moins de 8 000 habitants et conserve quelques façades coloniales autour de la praça Santa Isabel. À l'intérieur des terres, le désert de Viana déploie des dunes de sable fin, transporté par les vents du Sahara depuis des millénaires. Les villages de Rabil, João Galego, Fundo das Figueiras ou Povoação Velha, ancienne première capitale de l'île, conservent un mode de vie agro-pastoral autour des palmeraies et des cultures de maïs sous pluies rares.
Le climat de ces deux îles est sec, semi-désertique. La pluviométrie annuelle dépasse rarement 100 mm, concentrée sur quelques épisodes d'août à octobre. Les alizés du nord-est soufflent une grande partie de l'année et tempèrent des températures qui oscillent entre 22 °C en hiver et 28 °C en été. Cette régularité éolienne explique la spécialisation de Sal dans les sports de glisse : kitesurf, planche à voile et wingfoil se pratiquent sur les spots de Kite Beach, Ponta Preta ou Shark Bay, avec des vents de 15 à 25 nœuds entre octobre et mai.
La culture locale reste créole, métissée d'apports africains et portugais. La morna et la coladeira accompagnent les soirées dans les bars de Santa Maria, tandis que la cachupa, ragoût de maïs, haricots et poisson ou viande, constitue le plat de base. Sur Boa Vista, la pêche artisanale fournit thon, dorade coryphène et langouste. Les femmes du village de Rabil perpétuent la poterie traditionnelle, façonnée sans tour. Quant à la communauté de pêcheurs de Cabral, à Sal Rei, elle organise encore les sorties en pirogue à la pagaie pour les filets côtiers.
Boa Vista joue aussi un rôle écologique majeur. Ses plages de Ervatão, Lacacão et João Barrosa accueillent la troisième population mondiale de tortues caouannes (Caretta caretta) pour la ponte, entre fin juin et octobre. Les ONG Cabo Verde Natura 2000 et BIOS.CV encadrent l'observation nocturne et le suivi des nids. Au large, les eaux abritent baleines à bosse de mars à mai et raies mantas une grande partie de l'année.
À découvrir
Salines de Pedra de Lume. Bain dans un cratère volcanique effondré transformé en bassin hypersalin, accessible par un tunnel taillé dans la roche en 1805. L'eau dépasse 25 % de salinité.
Kitesurf à Ponta Preta. Spot mondial situé à 3 km à l'ouest de Santa Maria, vagues régulières et vent latéral d'octobre à mai. Une étape du championnat du monde s'y est tenue plusieurs années.
Désert de Viana, Boa Vista. Traversée en 4x4 ou à pied de dunes mobiles au centre de l'île, suivie d'une halte dans la palmeraie de Rabil et son atelier de poterie féminine.
Ponte des tortues caouannes. Sorties nocturnes encadrées par BIOS.CV sur les plages d'Ervatão entre juillet et octobre, observation à 5 mètres des femelles venues pondre.
Épave du Cabo Santa Maria. Carcasse rouillée d'un cargo espagnol échoué en 1968 sur la côte nord de Boa Vista, visible depuis la plage d'Atalanta, accessible en piste.
Quand y aller
La période la plus confortable s'étend de novembre à mai : températures de 22 à 26 °C, ciel dégagé, mer entre 21 et 23 °C, alizés constants idéaux pour le kitesurf et la planche à voile. Janvier et février sont les mois les plus frais, l'eau descend à 21 °C et une combinaison fine est utile pour les longues sessions en mer. De décembre à mars, le vent harmattan peut charger l'atmosphère de poussière saharienne pendant quelques jours, réduisant la visibilité, phénomène localement appelé bruma seca.
De juillet à octobre, les températures montent à 28-30 °C, l'eau atteint 26 °C et le vent faiblit, ce qui convient mieux à la plongée, au snorkeling et à l'observation des tortues sur Boa Vista. Quelques averses orageuses peuvent tomber en août et septembre mais restent brèves. Évitez août pour le kitesurf, le vent y est trop irrégulier. Notre équipe à Praia recommande mars-avril pour combiner glisse, douceur et baleines à bosse au large.
Conseils pratiques
Comptez 4 à 6 jours sur Sal si l'objectif est sportif (kitesurf, plongée), 3 jours suffisent pour une découverte simple. Boa Vista demande au minimum 3 jours, le temps de combiner désert intérieur, plages du sud et observation des tortues en saison. Les deux îles sont reliées par vols TICV (40 minutes) ou ferry (environ 3 heures, horaires irréguliers). L'aéroport de Sal reçoit la majorité des vols internationaux européens, celui de Boa Vista est plus saisonnier.
Ces îles conviennent aux familles, aux contemplatifs et aux amateurs de glisse, moins aux randonneurs qui trouveront leur compte sur Santo Antão ou Fogo. Le confort hôtelier y est le plus développé du pays, du club tout-inclus à la guesthouse créole à Sal Rei. Notre équipe à Praia conseille généralement de coupler Sal ou Boa Vista avec Santiago pour l'histoire coloniale, ou avec São Vicente et Santo Antão pour un contraste paysager fort entre désert et montagne. Combiner les deux îles orientales seules est possible mais expose à une certaine répétition des paysages.